N’avons-nous pas honte de forcer les riches à nous venir en aide?
Mes commentaires suite au billet du 12 octobre écrit par Michel Monette dans son blog: http://blogueurcitoyen.com/archives/2185
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J'ai lu avec grand intérêt ce billet, comme tous les autres dans ce blog que je trouve intéressants. Je ne commente pas souvent sachant que mes opinions écrits se transforment souvent en roman fleuve ;-) et ce, même si je ne suis pas volubile de nature.
Ici, je ne peux résister, ce billet m’interpelle un peu plus. Cependant, pour ne pas me perdre dans mes idées, comme cela est arrivé en lisant votre texte la première fois, j'irai par sujet. Je me suis rendue compte après l'avoir lu à nouveau, qu'il comprenait plusieurs thèmes inter-reliés.
Partenariat public-privé:
Que ce soit dans le domaine social ou dans un tout autre domaine d'activité, il faut faire attention : « là où il y a l'homme, il y a de l'hommerie. » Mon employeur a été durant 35 ans le gouvernement provincial. J'y ai souvent vu des contrats donnés à des firmes privées, en partenariat avec le public. Des développements technologiques qui ont coûté aux contribuables des sommes faramineuses, pour ensuite voir ces dits produits finaux jetés à la poubelle. Le problème provient surtout du fait que des hauts placés ou dirigeants à l'interne (public), étaient de mèche avec les « amis » du privé pour s'en mettre plein les poches. Le but justifiant les moyens, aucune assurance-contrôle-qualité.
J'ai aussi été témoin des formations payées à même l’argent des contribuables, à des consultants qui étaient moins qualifiés que le personnel à l’interne « public ». Après livraison d'un produit minable, les fonctionnaires se devaient de ramasser les pots cassés et de refaire tout le travail.
Ah, diront certains journalistes: « Coupons dans l'État et ne leur donnons pas un sous d’augmentation à ces fonctionnaires; eux qui ne travaillent pas assez..... »
Partenariat public-privé veut dire « Travailler conjointement dans le même but ». Aussi, le devoir des employés spécialisés de l’État n'est-il pas celui de s'assurer de la qualité du travail effectué et livré par le privé? Mon œil! Je n'ai pas vu souvent cela encore. Et pourtant, je serais tellement pour le partenariat public-privé s’il était fait correctement; d’où le prochain bloc qui suit :
Responsabilité sociale ou individuelle:
Je crois fermement encore en la conscience collective, d'où naît la responsabilité sociale. Enfin, de par ma nature, j'essaie encore d'y croire. Mais pour que cela fonctionne bien, la responsabilité individuelle est l'unité dynamique qui doit primer, avant la conscience sociale, parce que les deux sont en rapport d'interdépendance et interfèrent l'un avec l'autre. Et c'est là tout le problème. Comment une personne peut avoir une conscience collective s'il elle n'en a pas en tant qu'individu dans sa vie de tous les jours. Cette conscience individuelle se fait de plus en plus rare. Pour ne donner qu'un exemple, lorsque je parle de conscience individuelle, je fais référence entre autres à la consommation responsable qui se transforme en conscience collective. Et même si les mots se ressemblent, ne pas confondre l'individualisme égocentrique rencontré de nos jours qui tue cette conscience et responsabilité collective. Ici, je fais aussi le lien avec votre phrase: « Avons-nous tellement perdu de vue le sens de la responsabilité collective qui s’exprimait à travers les interventions de l’État? »
Fondation Chagnon:
Comme je disais précédemment: « Là où il y a l'homme, il y a de l'hommerie. » Mais je ne peux m'exprimer en ce qui a trait aux intentions de ces fondateurs milliardaires. Seuls eux les connaissent. Comme pour faire référence à Guy Laliberté (même si aucun lien avec le domaine privé-public), nous ne pouvons pas rendre véridique ce que nous pensons de ses mobiles individuels concernant cette cause sociale, ou même mondiale, qu'est la préservation de l'eau, mais uniquement donner notre avis.
J’ai déjà pensé que si je deviendrais millionnaire, je partirais une fondation x pour venir en aide aux personnes démunies afin de leur faire du bien. Est-ce que mes intentions seraient biaisées parce que je serais maintenant riche? Je ne crois pas. Est-ce que le BIEN que j'aimerais faire est un mot de vocabulaire non neutre qui perverti profondément ce que je prétends nommer ? Je ne crois pas. Et ici, c’est ma conscience individuelle actuelle qui interfère avec ma conscience sociale.
Et qu'aurait dû faire notre gouvernement ? Refuser cet argent ? J’espère de tout cœur que l'aide apportée par ce type de fondation ne remette pas en cause les interventions sociales de l’État. Je n’y vois aucun problème si tel est encore le désir individuel et collectif. Mais là est toute la question, et j’ai quelques craintes. Plusieurs individus critiques facilement de nos jours les interventions sociales de l'État ou les personnes qui viennent en aide aux plus démunies (de façon louable ou pas, il y a des deux), sans jamais être capable de sortir un seul dollar de leur poche pour une cause, ou pour toute forme d'investissement « citoyen », par le bénévolat ou autre type d'aide individuelle pour enrichir la collectivité.
Pour en revenir à la Fondation Chagnon, il est mentionné dans votre billet qu'elle ne s’adresse pas au problème à la source des retards que prennent bon nombre d’enfants avant l’âge scolaire, mais à ses effets. Pour ma part, si je regarde le site de cette Fondation, on y parle de prévention (ex. : aider les parents, soit un des problèmes à la source, entre autres). Est-ce que les gestes de cette Fondation ou des intervenants sur le terrain ont des résultats qui reflètent ces écrits ? Ici, je ne peux me prononcer, je ne sais pas.
Pour terminer, je tiens à souligner votre excellent billet, comme tous les autres, et par le fait même votre implication « citoyen », qui nous interpelle dans nos réflexions individuelles mais aussi collectives par le fait même. Merci!
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